Profils bioclimatiques - Aide
Le climat et sa variabilité sont des éléments essentiels qui permettent de comprendre les notions de développement durable et de maintien de la biodiversité. On a établi des profils bioclimatiques pour enrichir les connaissances des utilisateurs sur le climat et faciliter les études pluridisciplinaires sur les régimes climatiques passés et futurs. Des profils bioclimatiques historiques ont été établis à l’origine pour l’Ontario par le ministère ontarien des Richesses naturelles (MacIver, 1986) avant d’être modifiés et améliorés par Environnement Canada (MacIver et Isaac, 1989; MacIver et Whitewood, 1992). Le Projet canadien des scénarios de répercussions climatiques (2002) a élargi l’élaboration de profils bioclimatiques pour le climat futur. S’inspirant des travaux de MacIver et Isaac (1989), on a appliqué les scénarios de modèles climatiques globaux (MCG) aux données historiques observées pour un nombre sélectionné de stations au Canada.
Les profils bioclimatiques, que MacIver et Isaac (1989) décrivent comme « le climat en un coup d’œil » offrent une représentation graphique du climat et des indices connexes, site par site. Un profil bioclimatique typique comprend un certain nombre d’éléments qui décrivent les conditions de température et d’humidité à l’endroit en question. Ces éléments comportent généralement :
- la température minimale, moyenne et maximale; les valeurs maximales et minimales extrêmes de la température;
- la température maximale au-dessus et au-dessous de certains seuils spécifiques;
- les degrés-jours cumulés avec les températures seuils pour la consommation d’énergie (c.àd. les degrés-jours de chauffage et de climatisation) et les applications agricoles (c.àd. les unités thermiques du maïs, les degrés-jours de croissance);
- les données sur les probabilités de gel et de saison sans gel;
- les précipitations totales mensuelles, l’évapotranspiration réelle et potentielle;
- la fréquence des précipitations : le nombre de jours de pluie et de jours avec surplus et déficit en eau de la neige.
- water surplus and deficit
Les profils bioclimatiques ci-dessus ont été établis et sont offerts graphiquement sur le site du RCSCC pour les périodes historiques et futures. On trouvera ci-dessous une description de la méthode qui a servi à l’établissement de ces profils.
Profils bioclimatiques historiques
Cinq grandes variables climatiques historiques observées servent au calcul des paramètres bioclimatiques types et calculés décrits ci-dessus. Ces cinq éléments sont :
- La température maximale quotidienne (°C)
- La température minimale quotidienne (°C)
- Les précipitations totales quotidiennes (mm)
- Les pluies totales quotidiennes (mm)
- Les chutes de neige totales quotidiennes (cm)
Des profils bioclimatiques ont été établis pour plus
de 500 stations du Canada (soit une augmentation du nombre de
profils de stations qui étaient disponibles grâce au projet
CCIS (2002)). Les emplacements des lieux sont illustrés sur la
carte ci-dessous et énumérés dans le
fichier-liste
des stations qui l’accompagne.
Les données quotidiennes
historiques observées des stations climatiques qui ont servi
à établir les profils ont été extraites des
archives nationales des données climatiques d’Environnement
Canada. Deux périodes de normales climatiques
développées à partir de données historiques
sont étudiées : 1961-1990 et 1971-2000. La
première sert avant tout de période de
référence pour les MCG tandis que les changements
anticipés dans l’avenir pour les variables climatiques sont
souvent établis par rapport à la période 1961-1990.
La deuxième période, soit 1971-2000, est la
« période climatique normale » de
30 ans la plus récente.
Les stations nécessaires furent sélectionnées afin
d’avoir un volume suffisant de données provenant des
2 périodes normales de 30 ans mentionnées
ci-dessus. On n’a pas procédé au comblement des
séries de données. On n’a pas calculé les
valeurs pour les stations dont il manquait un nombre important de
données, pouvant modifier potentiellement les moyennes normales.
On n’a tenu compte que des stations possédant au moins
80 % des relevés sur 30 ans, ce qui a limité le
nombre de stations à travers le pays. À partir des stations
sélectionnées, on a calculé les paramètres
mensuels, saisonniers et annuels pour les profils bioclimatiques.
Bien que toutes les données aient fait l’objet de
contrôles de qualité au sein d’Environnement Canada
pour en assurer l’exactitude, aucune garantie ne peut être
donnée qu’elles soient absolument sans erreur.
Application des scénarios de changements climatiques aux profils bioclimatiques
Le deuxième stade de l’étude nationale sur les
profils bioclimatiques a consisté à appliquer les
scénarios de changements climatiques issus des MCG, aux
données climatiques historiques afin d’établir les
profils bioclimatiques des 500+ stations climatiques canadiennes retenues
pour trois périodes futures : les années 2020s,
2050s et 2080s. Il est alors possible de comparer les profils
bioclimatiques historiques et futurs pour permettre à
l’utilisateur de se faire une idée des effets possibles des
changements climatiques sur les moyennes et les extrêmes de
température, les quantités de précipitations et leur
caractère saisonnier, les degrés-jours de chauffage et de
climatisation, la probabilité de gel, etc. Pour chacune des
stations, les données des profils bioclimatiques qui servent aux
projections des modèles reposent sur les valeurs des points de
grille des MCG les plus proches. On n’a procédé
à aucune interpolation ou réduction d’échelle
spatiale ou temporelle. C’est pourquoi ces projections doivent
être considérées comme des tendances
générales et non pas spécifiques à un lieu.
En revanche, les données historiques des profils bioclimatiques
sont propres à un lieu car elles reposent sur les données
climatiques propres aux différentes stations.
Les données des scénarios de changements climatiques issus
des modèles climatiques globaux ont été fournies par
le Réseau canadien des scénarios de changements climatiques
(RCSCC) et appliquées aux relevés
météorologiques quotidiens historiques 1961-1990 de chaque
station. Sur les images restituées des profils bioclimatiques, les
résultats relatifs aux périodes 1961-1990 et 1971-2000 sont
calculés à partir des données climatiques
observées à chaque station. La procédure de
projection utilisée est la méthode reconnue
d’application des scénarios (i.e. delta) qui consiste tout
simplement à appliquer les changements des points de grille au
relevé de toute station située à proximité de
ces points de grille. Pour utiliser le plus grand nombre de
scénarios de changements climatiques possible, on a seulement tenu
compte des variations des températures minimales et maximales et
du total des précipitations. C’est ce qui explique
qu’il ait fallu apporter certaines modifications au programme des
profils bioclimatiques historiques pour faire la distinction entre les
précipitations qui tombent sous forme de pluie ou de neige. On a
utilisé une valeur seuil de la température moyenne de
0°C pour déterminer le type futur de précipitations
quotidiennes. On estime que les précipitations tomberont sous
forme de pluie dans le climat futur si la température moyenne
quotidienne future est supérieure à ce seuil, ou sous forme
de neige si elle est inférieure ou égale à ce seuil.
La valeur seuil de la température moyenne de 0°C sert
également à calculer l’épaisseur de la neige
(en équivalent en eau de neige) afin de modéliser le profil
de surplus ou de déficit hydrique.
Description des profils bioclimatiques historiques et futurs
Profils de température
Le
profil de température fournit des données sur les
températures minimales, moyennes et maximales mensuelles et
également sur les extrêmes de température minimales
et maximales durant la période de 30 ans en question.
Température maximale au-dessus et au-dessous du seuil
Le
nombre de journées où les températures maximales
sont au-dessus de valeurs seuils spécifiques (25°C, 30°C
et 35°C) est indiqué sur une base mensuelle, la valeur
étant moyennée sur la période de 30 ans. De
même, le nombre de jours où les températures
maximales sont au-dessous de valeurs seuils spécifiques (0°C,
-10°C et -20°C) est indiqué sur une base mensuelle, la
valeur étant moyennée sur la période de 30 ans.
Profils des degrés-jours
Les degrés-jours désignent les écarts cumulés
de la température au-dessus ou audessous d’une valeur seuil
particulière, ces valeurs étant sélectionnées
en fonction de secteurs particuliers, par exemple l’énergie
et l’agriculture. C’est ainsi qu’une température
seuil de 18°C est une indication des besoins en chauffage ou en
climatisation local. Pour le chauffage local, si la température
moyenne est inférieure à 18°C, l’écart par
rapport à cette valeur seuil est alors calculé et
additionné pour toutes les journées où la
température moyenne est inférieure à la valeur
seuil. Pour la climatisation locale, les écarts de
température sont cumulés si la température moyenne
un jour donné est supérieure à la valeur seuil de
18°C. Les autres valeurs seuils utilisées ici sont 0°C,
5°C (une indication de la saison de croissance) et 10°C. Les
valeurs cumulées indiquées ici sont moyennées sur
30 ans. On trouve également dans cette section les profils
cumulés des saisons de croissance. On a calculé les
unités thermiques du maïs (Brown, 1979; Bhartendu, 1984)
entre le début (température quotidienne moyenne
> 12,8 °C pendant 3 journées consécutives
durant la période allant du 11 mai au 31 juillet) et la fin
(premier cas où la température quotidienne minimale est <
-2°C durant la période allant du 1er août au 15
octobre) de la saison de croissance du maïs. Les profils des
degrés-jours cumulés de croissance avec le nombre de
degrés-jours cumulés au-dessus des températures
seuils de 0°C, 5°C et 10°C sont également
indiqués.
Profils de probabilité de gel
Le profil de probabilité de gel désigne la
probabilité quotidienne de gel, c’est-à-dire lorsque
la température minimale est inférieure à 0°C,
moyennée sur 30 ans. Elle est exprimée en pourcentage du
nombre de jours durant la période où la température
minimale est inférieure à 0°C et pour les besoins
d’illustration, on a appliqué aux données une moyenne
mobile de cinq jours. Une indication de la durée de la saison sans
gel est également donnée, à savoir le nombre de
jours durant l’année où la température moyenne
quotidienne est supérieure à 0°C.
Fréquence des précipitations
Le nombre de jours de pluie et de neige est indiqué sur une base
mensuelle, les valeurs étant moyennées sur la
période de 30 ans.
Déficit et excédent d’eau (et précipitations totales mensuelles)
Les précipitations totales mensuelles, moyennées sur la
période de 30 ans, désignent la hauteur
pluviométrique additionnée de l’équivalent
mesuré en eau de la neige. Les valeurs réelles et
potentielles d’évapotranspiration sont également
mentionnées. Elles sont extraites des calculs du bilan hydrique de
Thornthwaite (Thornthwaite et Mather, 1955; Johnstone et Louie, 1983),
méthode empirique qui calcule les variations de stockage de
l’eau en fonction de la température moyenne mensuelle, des
précipitations totales, de la latitude (pour la longueur de la
journée) et de la texture du sol (pour la capacité de
rétention d’eau). Dans l’étude de MacIver et
Isaac (1989), on a attribué à tous les sites une
capacité de rétention du sol de 100 mm, ce qui est la
valeur des sols sablonneux. Dans cette étude, on a attribué
à chaque station une valeur variant de 0 mm (glace ou
environnement urbain) à 210 mm (sol argileux),
d’après la texture du sol à cet endroit. Dans chaque
cas, on a présumé que les sols atteignaient leur
capacité de rétention maximale.
On calcule le déficit et l’excédent d’eau
à partir des valeurs potentielles et réelles
d’évapotranspiration. Le déficit en eau
désigne la mesure dans laquelle l’humidité disponible
ne répond pas à la demande d’eau et pour le calculer,
on soustrait l’évapotranspiration potentielle de
l’évapotranspiration réelle pour la période en
question. L’excédent d’eau désigne
l’excédent qui reste après que les besoins en
évaporation du sol ont été satisfaits
(c.-à-d. quand l’évapotranspiration réelle
équivaut à l’évapotranspiration potentielle)
et que le stockage dans le sol est revenu au niveau de la capacité
de rétention.
Cycles gel-dégel
Les cycles gel-dégel désignent le nombre moyen de jours par
période indiquée où la température maximale
quotidienne est égale ou supérieure à 0°C ET
où la température minimale quotidienne est
inférieure à 0°C. Le cycle gel-dégel et ses
effets connexes sur l’eau et la formation de glace peuvent avoir
des effets profonds sur la dégradation du milieu bâti.
Précipitations cumulées
Le profil des précipitations cumulées (en mm) indique la
progression des précipitations sur une année civile. La
neige est convertie en mm d’équivalent en eau de neige.
L’accumulation moyenne et les années maximale et minimale de
la période sont indiquées sous forme de lignes en couleurs.
En outre, comme indication des extrêmes, les losanges indiquent la
progression des précipitations si l’on additionne les
valeurs maximales ou minimales de chaque mois pendant la période
en question.
Développement futur
On étudie actuellement les nouvelles variables calculées des profils bioclimatiques, qui seront ajoutées au fur et à mesure qu’elles deviendront disponibles. Les indicateurs des extrêmes de sécheresse et des extrêmes climatiques présentent un intérêt particulier. D’autres suggestions sont les bienvenues grâce à l’option de rétroaction de ce site Web.
Références
Bhartendu, S. (1984): A Climatology of Corn Heat Units in Ontario. Ontario Region, Atmospheric Environment Service. Internal Report, SSD-84-1.
Brown, D.M. (1979): Heat Units for Corn in Southern Ontario. The Ontario Ministry of Agriculture and Food. Order No. 78-063.
Canadian Climate Impact Scenarios Project (2002): Bio-climate Profiles. http://www.cics.uvic.ca/scenarios/bcp/select.cgi.
Johnstone, K. and P.Y.T. Louie (1983): Water Balance Tabulations for Canadian Climate Stations. Canadian Climate Centre, Environment Canada. 8-83. 14 pp.
MacIver, D.C. (1986): Climatograms by soil type for Ontario. In: Climate Applications in Forest Renewal and Forest Production, Proceedings of Forest Climate ’86, Canadian Forestry Service, Ottawa.
MacIver, D.C. and J.L. Isaac (1989): Bioclimate Profiles for Canada 1951-1980. Environment Canada, Atmospheric Environment Service.
MacIver, D.C. and B. Whitewood (1992): Forest Climates of Ontario: Part 1: Bioclimate Profiles 1968-88. Environment Canada, Atmospheric Environment Service.
Thornthwaite, C.W. and J.R. Mather (1955). The Water Balance. Drexel Institute of Technology. Publications in Climatology 8(1).
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